
S'il est un animal emblématique de la Corse, c'est indubitablement l'âne. Mais pas n'importe lequel. "Il s'agit d'un âne dont la couleur va du gris tourterelle à l'ardoisé, c'est-à-dire du gris clair au gris foncé, détaille Olivier Fondacci, vice-président de l'association de l'âne corse U sumeru corsu. Il a aussi une croix de saint André sur le dos, comme l'âne de Provence mais les membres du nôtre ont les pattes zébrées, le poil ras et la crinière hirsute." Mais pas seulement. L'âne corse doit impérativement être né et avoir été élevé en Corse. Il doit aussi porter un nom insulaire. "Cette année, c'est l'année des K, raconte Olivier Fondacci. Alors dans notre langue, je ne vous raconte pas ! J'ai fait Kanistrellu, Kulombu..."
Depuis 2015, l'association oeuvre à la reconnaissance de cette race endémique et vient enfin d'obtenir gain de cause. D'autres avant elles avaient mené le même combat, sans succès. "C'est une reconnaissance historique, poursuit Olivier Fondacci. Elle donne de la valeur à un animal qui a toujours été considéré comme le cheval du pauvre, la bête de somme. C'est aussi une valorisation économique." Car si un âne corse se vendait entre 300 et 500 €, il est désormais évalué entre 1 000 et 1 500 €. Cette reconnaissance permet également par exemple, aux ânes corses de participer au concours général du salon de l'agriculture, où l'espèce a été présentée pour la première fois en 2019. Éleveur installé à Santa Reparata di Balagna (2B), Olivier Fondacci espère susciter des vocations et vante les mérites de l'espèce.
"Nous avons une centaine d'ânes, calcule-t-il. Nous pratiquons aussi la randonnée et il y a quelques années, nous avons noté un engouement pour le lait d'ânesse. Nous en sommes les seuls producteurs en Corse." Élevage, balades, cosmétiques, les ânes d'Olivier Fondacci ont aussi participé à la collecte des biodéchets à L'Île Rousse et l'éleveur envisage même de créer une école d'ânes maraîchers. Comment cette passion a commencé ? "Aujourd'hui, les jeunes jouent aux jeux vidéo, à la Playstation, explique-t-il. Nous, on jouait avec les ânes, on faisait les idiots, ce sont de bons souvenirs. C'est bon pour l'écotourisme et ça nous permet de travailler toute l'année."
Alors certes, ce n'est pas la fiera di san francè, mais comme le dit la célèbre contine : "Una sumera ! Hi-han !"
* Association U sumeru corsu à Biguglia. Adhésion : 10 € l'année. Contact 06 09 96 39 32 et 06 86 03 72 54. usumerucorsu@orange.fr
July 03, 2020 at 08:19PM
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Campa corsu : l'âne corse gagne enfin ses lettres de noblesse - La Provence
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âne
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